Je suis délégué du personnel d'un centre d'appels de la société La Redoute. Nous avons appris le 5 octobre 2007 l'externalisation de notre activité vers un prestataire de service: la société Téléperformance. La Redoute connait très bien ce prestataire de service puisqu'il traite une grosse partie des flux d'appels clients depuis 2001 via une délocalisation progressive en Afrique du Nord (Tunis et Rabat). Nous n'avons eu de cesse de combattre cette délocalisation constatant la chute de notre activité et l'augmentation fulgurante de la leur (5% en 2001, 50%, voir plus aujourd'hui). La direction pretexte aujourd'hui une chute de notre activité, qu'elle attribue à bien d'autres facteurs que la délocalisation agressive (développement Internet, goût des clients pour l'accompagnement achat, etc...) pour ceder l'activité de 5 de ses 9 centres d'appels restants à Téléperformance, soit 185 conseillers commerciaux et applique pour ce faire l'article L122-12 du code du travail. Mon message est un cri de désespoir. Cette affaire, présentée par notre direction comme inoffensive et valorisante pour les salariés concernés est en fait une grosse impasse. -Téléperformance est une société aux méthodes de travail très agressives, où les employés, souvent en début de carrière professionnelle font un passage "formateur" et puis s'en vont. Ces méthodes sont radicalement différentes de celles choisies et vécues de longues années par les conseillers La Redoute. L'arrivée dans ce milieu inadapté et hostile rebute l'ensemble des personnes concernées. -Le licenciement de La Redoute est strictement impossible dans le cadre de la loi L122-12 , même si elle est préfèrée comme porte de sortie amiable par le salarié. Nous voici donc piégés, comme l'ont été nos collègues de SFR , qui ont subi le même traitement ces derniers mois, malgrè une lutte syndicale acharnée, et quittent aujourd'hui, un à un le repreneur intégré "par force". Je suis victime et témoin des dégats moraux qu'une telle situation engendre. J'aimerais avoir vos commentaires, témoignages, réactions. Notre seul recours aujourd'hui étant d'alerter les médias.
Un exemple concret et humain qui montre qu'un cours de SES n'est pas que théorique et notionnel.