Bonjour, je ne comprends pas comment l'ouverture des frontières " pour rétablir la concurrence sur le marché intérieur" permet de lutter contre le déficit commercial.
L'objectif est de doper les exportations : l'ouverture des frontières peut imposer la recherche d'une meilleure compétitivité pour les activités nationales et améliorer leur capacité à exporter. Il s'agit aussi de réduire les importations : le même mécanisme peut rendre les entreprises nationales plus compétitives que celles de l'étranger.
Je ne comprends pas trop ce que signifie "la réduction de la demande intérieure" dans le plan d'ajustement structurel. On laisse les populations mourir de faim en exportant plus et en important moins ? j'ose espérer que je me trompe.
Ce type de plan intervient quand le pays connaît un déficit de ses comptes extérieurs, par exemple pour sa balance commerciale, il importe plus qu'il n'exporte. Il s'endette pour financer ses importations puisque les recettes des exportations ne suffisent pas. Le FMI intervient pour aider à ce financement mais aussi pour réduire le déficit extérieur. L'offre intérieure doit plus s'orienter vers les exportations et combattre l'inflation doit redonner de la compétitivité : c'est pourquoi la demande intérieure est freinée, aussi pour réduire les importations. D'où votre remarque qui a donné lieu à de sévères critiques sur le rôle du FMI et à des révoltes de populations des PED concernés. Nous évoquons bien des effets sociaux désastreux.
Bonjour, Il est frappant de voir les désaccords de certains économistes dans la littérature quant à l'effet des politiques du "consensus de Washington". Joseph Stiglitz (La grande désillusion) affirme que ce fut une catastrophe tandis que Guy Sorman (L'économie ne ment pas) considère que c'est une réussite pour les pays qui ont suivi scrupuleusement les recommandations du FMI et de la Banque Mondiale. Je me posais la question suivante : l'échec de ces politiques dans certains pays n'est-il pas dû à autre chose qu'au contenu des politiques elles mêmes ? On voit de nombreuses études qui expliquent comment la corruption, l'absence d'institutions solides, la faible espérance de vie, l'absence de protection sociale... réduisent à néant tout espoir de développement quelle que soit la politique économique menée. Si mes souvenirs sont exacts, Stiglitz reprend certains de ces éléments dans son analyse. Qu'en pensez-vous ?
Un rapport vient d'être publié sur cette question : celui de la commission Croissance et développement composée de prix nobels, d'anciens responsables politiques et de banques centrales etc ... Une de leurs conclusions : "la croissance ... réclame un Etat fort". Un rapport que l'on doit retrouver sur internet.