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  • INTRODUCTION : Introduction
  • CHAPITRE 1 : Croissance, capital et progrès technique
  • CHAPITRE 2 : Travail et emploi
  • CHAPITRE 3 : Stratification sociale et inégalités
  • CHAPITRE 4 : Conflits et mobilisation sociale
  • CHAPITRE 5 : Ch5 Intégration et solidarité
  • CHAPITRE 6 : Internationalisation des échanges et mondialisation
  • CHAPITRE 7 : Intégration européenne et politiques économiques et sociales

COURS - CHAPITRE 1 : Croissance, capital et progrès technique

Menu du cours

  • 1 - Les sources et les limites de la croissance économique.
    • 1.1 - Les sources de la croissance.
      • 1.1.1 - La croissance peut provenir d'une main d'oeuvre plus nombreuse et/ou plus productive.
      • 1.1.2 - L'augmentation de la productivité peut provenir de la division du travail.
      • 1.1.3 - Mais elle vient aussi de l'accumulation du capital et du progrès technique.
      • 1.1.4 - Quelles ont été les sources de la croissance depuis 1960 dans les pays développés ?
    • 1.2 - Le rôle des agents économiques dans le processus de croissance.
      • 1.2.1 - Le rôle des entrepreneurs : améliorer la combinaison productive, investir, assurer les dépenses de Recherche et Développement.
      • 1.2.2 - Le rôle de l'Etat : réguler les marchés, gérer les externalités, développer les infrastructures à travers la politique économique.
      • 1.2.3 - Le rôle de l'environnement socio-culturel.
    • 1.3 - Les limites de la croissance économique.
      • 1.3.1 - Peut-on poursuivre indéfiniment le processus actuel de croissance ?
      • 1.3.2 - Accroître toujours plus le PIB, cela a-t-il toujours un sens ?

1.3.2 - Accroître toujours plus le PIB, cela a-t-il toujours un sens ?

  • Page mise à jour le : 13-01-2026
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Quand on pose la question ainsi, il y a en fait quelque chose qui est sous-entendu : du sens à quel point de vue ? En réalité, la question qui se pose est de l'ordre du jugement : un pays, une société font-ils bien de chercher à obtenir la croissance la plus rapide possible ? Autrement dit, plus de croissance est-ce plus de bien-être, des progrès équitablement répartis entre les membres de la société, par exemple ? On se rapproche donc de la question du développement que l'on a déjà un peu abordée dans l'introduction.

On peut remarquer qu'un certain nombre d'éléments permettent de penser que plus de croissance, ce n'est pas forcément " mieux "

  • Les effets négatifs de la croissance.
    On inclut dans le P.I.B. tout ce qui est produit mais on ne se demande pas pourquoi on a dû fabriquer cette production. Résultat : plus les gens fument, par exemple, plus le P.I.B. augmente. En effet, d'une part, on produit plus de tabac ; d'autre part, la quantité de médicaments et d'appareils d'examen qu'il faut produire et le nombre de consultations médicales augmentent (le tabagisme augmentant, le nombre de cancers du poumon aussi). Au total, la production augmente donc beaucoup. Est-ce un progrès ? Ce raisonnement peut être fait sur pas mal d'exemples (les accidents de la route, la pollution, etc.) car il faut réparer les dégâts et donc produire davantage. D'autre part, on vient de le voir, la croissance épuise les ressources non renouvelables de la planète.
  • Croissance ou développement ?
    Le P.I.B. est un indicateur économique, mais il n'inclut pas un certain nombre d'activités essentielles pour le maintien des solidarités entre les membres d'une société, en particulier des services. La richesse d'une nation, est-ce seulement les richesses matérielles qu'elle réussit à produire ? C'est un peu ce que laisse croire le calcul de la croissance à partir du P.I.B. Mais n'est-ce pas aussi l'état de santé (y compris mentale) de la population, son niveau d'instruction, la qualité des rapports sociaux entre les membres de la société, ou d'autres éléments ? Le problème est que ces éléments ne se laissent pas facilement mesurer. Pourtant on sait bien que la qualité de la vie est aussi importante que la quantité de biens dont on dispose (mais les deux ne sont pas indépendants l'un de l'autre, évidemment). Le P.I.B. n'est pas un indicateur de bien-être. [Revoyez la notion PIB si vous n'êtes pas convaincu]

La croissance économique n'est donc pas forcément le développement et si l'on veut parler de développement, sans doute vaut-il mieux utiliser l'I.D.H. comme indicateur ainsi que le fait le Programme des Nations Unies pour le Développement (P.N.U.D.). [Vous trouverez la présentation de cet indicateur à la notion " IDH "]. Or, le classement des pays selon l'I.D.H. ne donne pas le même résultat que celui selon le P.I.B. par habitant :

Titre : Rang de certains pays pour l'I.D.H. et P.I.B. par habitant (en dollar en parité de pouvoir d'achat), en 2000.

Norvège Suède U.S.A. France Chine Afrique du Sud
Rang pour l'I.D.H. 1 2 6 12 96 107
P.I.B. / hbt ($ PPA) 29 918 24 277 34 142 24 223 3 976 9 401

Source : P.N.U.D. , Rapport sur le développement humain, De Boeck, 2002

Que voyons-nous ? Suède et Norvège sont pratiquement à égalité pour l'I.D.H. (au premier rang mondial) puisque l'I.D.H. de la Norvège atteint 0.942 et celui de la Suède 0.941. Pourtant il y a un écart de plus de 5000 dollars par habitant entre les deux pays pour le P.I.B. par habitant, ce qui est loin d'être négligeable. De même, les Etats-Unis, avec un P.I.B. par habitant élevé, le plus élevé du tableau, ne sont qu'au 6ème rang pour l'I.D.H.. A l'autre bout de l'échelle, on observe que la Chine avec un P.I.B. par habitant inférieur à la moitié de celui de l'Afrique du Sud est mieux placée qu'elle pour l'I.D.H. (cela s'explique en particulier par une espérance de vie à la naissance beaucoup plus élevée en Chine, 70.2 ans, qu'en Afrique du Sud, 52.1 ans). Le niveau des richesses matérielles produites et sa croissance ne sont donc pas le seul indicateur pertinent de l'amélioration des conditions de vie dans un pays.

  • La question de la répartition des richesses.
    Enfin, on peut souligner que le P.I.B. par habitant n'est qu'une moyenne statistique. Comme toutes les moyennes, il gomme les disparités. Savoir qu'un pays a augmenté son P.I.B. de 3% dans l'année ne nous dit rien sur ce que l'on a fait de cette augmentation. C'est ici la question de la répartition des richesses produites qui est posée. Sur le plan du mode de vie, des relations sociales, du bien-être général, il n'est pas indifférent que cette production supplémentaire soit accaparée par quelques uns ou répartis sur l'ensemble de la population. On est alors ramené au paragraphe précédent : si la Suède ou les pays nordiques en général se classent si bien pour l'I.D.H., c'est parce que le choix a été fait, dans ces pays, de privilégier les dépenses collectives (éducation, santé, …) qui profitent à tous et de limiter les inégalités de revenus. Ce n'est évidemment pas le choix fait par les Etats-Unis où le revenu par tête, qui est une moyenne, cache de grandes disparités.

Conclusion : un taux de croissance élevé (du PIB) n'est pas forcément synonyme de développement du bien-être collectif. Il faut cependant dire et répéter que la croissance des richesses produites est un formidable levier pour améliorer le sort de tous. Mais cela ne se fait pas sans des choix politiques qui disent clairement comment la croissance doit être utilisée ou au service de quels idéaux collectifs elle doit être mise. Il ne faut donc pas avoir le fétichisme du chiffre : 2% de croissance qui profite à tous, c'est peut-être mieux que 3% accaparés par quelques uns.

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