1.1.4 - Quelles ont été les sources de la croissance depuis 1960 dans les pays développés ?
- Page mise à jour le : 13-01-2009
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Titre : Taux de croissance annuel moyen (TCAM) du PIB et décomposition de ce taux selon les facteurs de production à l'origine de la croissance.
| |
Etats-Unis |
Japon |
France |
| 1960-1973 |
1973-1990 |
1960-1973 |
1973-1990 |
1960-1973 |
1973-1990 |
| TCAM du P.I.B. (en%) |
3.8 |
2.5 |
9.5 |
4.0 |
5.9 |
2.4 |
| Facteur travail |
1.0 |
1.0 |
0.4 |
0.3 |
0.3 |
- 0.4 |
| Facteur capital |
1.1 |
1.1 |
3.5 |
2.0 |
1.6 |
1.1 |
| Résidu |
1.7 |
0.4 |
5.6 |
1.7 |
4.0 |
1.7 |
Source : à partir de V. Coudert, " Croissance et démographie dans les pays industrialisés ", Economie prospective internationale, n°52, 4ème trimestre 1992, La Documentation Française.
On voit évidemment sur la première ligne de ce tableau la croissance très rapide qu'ont connue les pays développés entre 1960 et 1973 et le ralentissement qui a suivi cette période (observez cependant que les taux de croissance annuels moyens du P.I.B. restent nettement positifs entre 1973 et 1990). Mais ce n'est pas vraiment la question qui nous intéresse ici. Comment cette croissance a-t-elle été obtenue, quelles ont été ses sources ?
- Le rôle du facteur travail.
Dans les trois pays, le facteur travail a contribué à cette croissance, et cela pour deux raisons : la quantité de travail a pu augmenter et la qualification du travail s'est améliorée. Aux Etats-Unis, par exemple, entre 1973 et 1990, sur les 2.5% de croissance annuelle moyenne, 1%, soit plus du tiers, est dû à la contribution du facteur travail. Pourquoi le chiffre négatif de la contribution du facteur travail en France entre 1973 et 1990 ? Cela signifie qu'il y a une diminution de l'apport du facteur travail, due sans doute à la diminution de la durée du travail (5ème semaine de congés payés et passage des 40 heures aux 39 heures en 1981) et de la hausse du chômage.
- Le rôle de l'accumulation de capital.
On observe aussi qu'en France et au Japon, l'accumulation du capital, c'est-à -dire l'investissement (mesuré par la F.B.C.F. [allez revoir ce que l'on appelle F.B.C.F. dans la liste des notions] joue un grand rôle dans la croissance : celle-ci est à l'origine de près de la moitié de la croissance entre 1973 et 1990, bien plus donc que le facteur travail.
- Le rôle du progrès technique.
Quand on a bien mesuré l'apport du capital et du travail dans la croissance, qu'observe-t-on ? Qu'il reste une partie de la croissance qui ne s'explique pas par les apports directs du capital et du travail. C'est ce que l'on appelle traditionnellement le " résidu ", ce qui reste inexpliqué. Et l'on voit (sur la dernière ligne du tableau) que cela correspond à une partie importante de la croissance (nettement plus de la moitié pour la France). Vu son importance, il faut tenter de comprendre ce résidu. Les économistes l'attribuent en général au progrès technique : l'amélioration des techniques permet à la combinaison du travail et du capital d'être de plus en plus efficace. En améliorant les machines ou les procédés de fabrication, en élevant la qualification des travailleurs, le progrès technique contribue à augmenter la productivité du travail et, ce faisant, à éviter les rendements décroissants. Il explique donc en grande partie la croissance et est au coeur des questions qui lui sont liées : d'où vient le progrès technique, qui le maîtrise, au service de qui (et de quoi) doit-il être ? Nous reviendrons évidemment plus loin sur ces questions pour comprendre comment cela se passe.
En conclusion, on peut dire que l'amélioration de l'efficacité des facteurs de production est essentielle pour expliquer la croissance. Cependant, d'autres éléments jouent un rôle non négligeable, en particulier le comportement des différents agents économiques, en particulier les entreprises et l'Etat.