1.2.2 - Le rôle de l'Etat : réguler les marchés, gérer les externalités, développer les infrastructures à travers la politique économique.
- Page mise à jour le : 13-01-2009
-
- L'Etat régulateur des marchés
Il faut souligner avec force le rôle essentiel pour la croissance, dans une économie de marché, de l'intervention de l'Etat. Le fonctionnement de l'économie par le marché suppose des règles, vous l'avez vu en classe de première. Ces règles, il faut d'abord les construire et ensuite les faire respecter. Ces deux rôles, c'est l'Etat qui les assume. L'expérience montre que dans les pays sans autorité politique établie et reconnue, la croissance est plus lente qu'ailleurs, voire impossible.
- L'Etat intervient également pour favoriser le progrès technique
Certaines recherches, trop fondamentales pour être rentables immédiatement, ne seraient jamais entreprises si l'Etat ne contribuait pas à leur financement. En effet, aucune entreprise ne prendra en charge une dépense si le coût est trop élevé par rapport au bénéfice qu'elle en retire personnellement. Or, c'est précisément ce qui se passe en matière de recherche fondamentale : une fois qu'une découverte a été faite, tout le monde en profite, et pas seulement ceux qui ont financé la recherche. C'est donc à l'Etat de décider ces dépenses et de les faire financer par l'impôt puisqu'elles profitent à tous. Plus généralement, l'Etat doit intervenir dans tous les cas où des "effets externes positifs" (ou "externalités positives ") sont attendus. Que sont ces effets externes positifs ? Certaines actions, faites par tel ou tel acteur de la vie économique, ont des conséquences positives sur les autres acteurs alors que ceux-ci ne paient pas le coût de cette action. On peut citer l'exemple de l'instruction : si on (et le" on " sera forcément l'Etat, on va le voir) décide de prolonger la scolarité obligatoire de 12 à 16 ans par exemple, toute la main-d'œuvre sera plus qualifiée et donc plus productive et ce sont les entreprises qui en bénéficieront (sans payer directement le coût de l'allongement de la scolarisation).
- L'Etat prend en charge les infrastructures collectives
Imaginons qu'il n'y ait pas de pont sur le Rhône entre Lyon et la mer ; dans ce cas, tous les fruits de la vallée du Rhône (rive gauche) devraient transiter par Lyon pour aller à Montpellier, par exemple. Si l'Etat construit un pont à Avignon, cela arrange tout le monde car cela abaisse le coût et les délais de transport. Pourquoi est-ce l'Etat qui va financer la construction du pont comme l'allongement de la scolarité et pas ceux qui vont directement en bénéficier ? Parce que chaque utilisateur du pont ne retirera pas suffisamment de bénéfice de l'usage du pont pour le financer : chacun y gagne, mais pas suffisamment pour payer la construction. C'est la même chose pour l'instruction. On est donc dans la situation suivante : tout le monde a intérêt à ce que l'action soit entreprise, mais personne ne veut la financer. Il y a un problème de coordination des décisions individuelles, et c'est donc l'Etat, au nom de l'intérêt général, qui va assumer ces dépenses et les répercuter sur les individus par l'impôt.
- L'Etat favorise la croissance par sa politique économique.
Vous avez vu en classe de première que l'Etat peut encourager la production de biens et services en stimulant la demande par sa politique budgétaire ou sa politique monétaire. Pareillement, il peut encourager l'offre par sa politique fiscale, en baissant les impôts sur les entreprises pour rendre la production plus profitable. Ce rôle d'impulsion est souvent décisif, notamment pour sortir des crises que connaissent les économies modernes. On l'étudiera plus en détail dans le dernier chapitre du programme.
Au total, donc, l'Etat, par les investissements publics, joue un rôle très important dans la croissance en finançant la formation de la main d'œuvre et la recherche scientifique, en développant les infrastructures, en particulier de communication, en construisant le cadre juridique permettant au marché de fonctionner correctement, en assumant les tâches considérées comme essentielles par la société et qui ne pourrait pas l'être par le marché.